Ce mot n'apparaît que dans des dictionnaires récents, par contre nous trouvons plus facilement :
MALTRAITER :Traiter d'une façon brutale, faire subir des violences. Traiter durement, brutaliser, soumettre à des mauvais traitements
En fait , la "mal-traitance" et le fait de ne pas "traiter" correctement, ou encore de ne pas "prendre soin de ..."
Le paradoxe étymologique de ce mot est qu'il a un double sens contradictoire (comme le mot "sanction") dont l'usage actuel ne retient souvent que le versant négatif.
En effet, "traiter" est issu du latin "tractare" (1120), qui signifie à la fois "s'occuper de" ou "caresser" et "traîner violemment" puis "manipuler" ou "conduire", qui donnera ensuite "intraitable", cad qui ne peut être manipulé ou dirigé.
De cette étymologie "négative" est peut-être issue la notion moderne d'insulter ?
"Traiter quelqu'un" signifiait au 16ème siècle : "le recevoir à sa table", cad "prendre soin de cette personne", "l'accueillir chez soi", qui donnera donc le mot "traiteur".
Alors que "maltraiter" a donc pris la signification de "traiter durement" ou encore au 17ème siècle : "traiter avec violence", "mal nourrir".
Proposition d'une définition pragmatique
La "maltraitance" n'est donc pas obligatoirement le fait de blesser physiquement, mais désigne
toute forme de "non-soin" (dans le sens où "soigner" signifie "prendre soin de"et non pas
"faire guérir" ; en anglais : to "care" et non pas to "cure" ), raison pour laquelle nous préférons
parler de "maltraitances" au pluriel.
Jean-Baptiste DROUET, dans son livre "Les maltraitances invisibles, ou les nouvelles
violences morales", nous donne de nombreux exemples de ce que signifie la maltraitance.
Les pires maltraitances sont celles dont ont ne peut se préserver, cad les maltraitances dites "morales" : les insultes, la domination, l'humiliation, le rabaissement, le mépris, l'ignorance, le rejet, ou pire : l'indifférence.
Alors que (en dehors des maltraitances sexuelles), les maltraitances physiques ont parfois
cliniquement moins d'impact pathologique que les maltraitances dites "morales", à moins
que ces violences physiques soient vécues comme des humiliations. C'est alors l'impact psychologique qui est prépondérant..
On pourrait rapprocher ce phénomène des névroses traumatiques qui touchent beaucoup
plus les personnes qui n'ont pas été physiquement atteintes lors d'un accident ou d'un attentat
(mais aussi dans le cas de maltraitances physiques), que celles qui ont été physiquement
diminuées.
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